© Albert Ayme
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Le tombeau de Van Gogh, 5 stations, 1987-1988
Papier sur chiffon Arche, peinture indélébile, 76 x 56 cm chacune
"En 1988, Tombeau de Van Gogh
prolonge la Triple suite en jaune à la gloire de Van Gogh
placée, dès 1981, sous l'invoction de "la haute notre
jaune", et poursuivie six années durant jusqu'en 1986.
Le Tombeau s'organise à l'origine autour des
options essentielles de la Triple suite mais avec un maniement autre,
un remaniement mettant en oeuvre une topologie et une
temporalité différentes. Ainsi il prend forme d'un
polyptique composé de cinq stations et, par son extrème
concentration, il subjuge le mode successif en se projetant dans une
dimension plutôt verticale que linéaire, tentative
d'occupation d'un même lieu en des moments différents.
Compénétration des cinq stations en une suite se dressant
dans l'esprit comme un bloc (une stèle) invisible.
Cristallisation d'un ensemble complexe de vibrations assimilable
à un quatuor en cinq mouvements qui s'engendrenr et se fondent
intimement les uns dans les autres. Forme d'écoute toute
intériorisée qui, en m'envahissant progressivement, me
révèle, en un "chemin de croix" son sens anagogique, une
Passion vécue jusuq'à l'anéantissement, et
transcendée comme telle : le Tombeau est aussi Triomphe.
Plusieurs
données de base sont donc communes à la Triple suite et
au Tombeau : le thème rythmique d'origine, la syntaxe picturale
avec sa technique dite "en canon" qui régit la progression de la
couleur, le refus de tout mélange des couleurs érigeant
la discontinuité en principe, la méthode de tressage des
trois couleurs primaires, sans oublier l'aternative fondamentale qui
fonde le rapport dominant/dominé des deux Jaunes (citron et
chrome) superposés en tissage et suscitant les modulations et
dissonances de l'infime différence."
Albert Ayme.
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